Haïkou-kou

« Le Haïku est un poème japonais composé de trois vers. Élaboré sur le rythme 5 / 7 / 5, il exprime un sentiment éphémère mais fort. C’est l’expérience poignante du confinement actuel et du tictac incessant de l’horloge coucou dans ma maison qui m’a inspiré ce haïku :

Haïku coucou-tu

Chasse le temps court qui court

Ton lest dans mon corps »

Véronique

« Quand j’étais adolescente, ma grand-mère me confectionnait de nombreux vêtements cousus, tricotés, brodés, etc. Ce pull-over a été conçu il y a plus de 30 ans. Il est en laine vierge, et les torsades témoignent de la mode des années 80. A l’époque, je trouvais qu’il était trop chaud et qu’il grattait donc je l’ai très peu porté. Idem pour les chaussettes de laine. Aujourd’hui, c’est mon fils de 17 ans qui les porte. Au Québec, j’ai compris l’utilité de ces matières chaudes et enveloppantes, et je suis très fière du travail fait-main de Mamie Anna. Si tu étais encore en vie, je t’aurais dit combien tu es encore ‘tendance’! »

Perrette

«Ma mère a toujours brodé, comme ça, pour le plaisir. Ça m’a toujours fasciné tout le temps qu’elle y met. Elle m’a offert cet abécédaire pour décorer la chambre de mon garçon.»

Isolda

« Transmettre l’amour que nous éprouvons pour nos proches peut se faire par mille et une petites attentions. J’ai la chance d’avoir une belle-mère qui me témoigne son affection par des objets faits mains qu’elle conçoit spécialement pour moi. Cette jambière met de la couleur à mes journées d’hiver, réchauffe mes mollets et mon cœur. »

Raphaëlle

« Récemment, en prenant cette tasse dans mes mains, j’eut immédiatement un sentiment de familiarité, de déjà-vu. Je bondis alors sur mon clavier, ouvre la base de données et je remarque que je tenais entre mes mains… le sosie d’une tasse issue de nos collections!

Cela me rappelle une raison pour laquelle j’apprécie les objets de collection : ceux-ci ne sont pas désincarnés de leurs réseaux d’échange humains qui les ont répandus tant dans les cuisines …que dans les institutions muséales!

Ils symbolisent cette cartographie des relations. »

Camille

« Mon lit est un coffre aux trésors bricolé par mon généreux voisin, un bric-à-brac plein de souvenirs et de matériels de toute sorte pour nos loisirs oubliés. Sur mon lit, je me glisse sous un dessus-de-lit est à la fois lourd et gai, transmis de mère en fille à mon amoureuse. C’est le poids et la couleur de nos rêves. »

Félix

« Tricot ou couture, j’ai toujours donné mes créations; c’est ma manière de dire aux gens l’affection que je leur porte. J’ai plaisir à imaginer chacune de mes créations vivre leurs propres histoires une fois qu’elles sont passées de mes mains à celles de leur nouveau propriétaire. Lorsque je décide de coudre pour quelqu’un, je pense énormément à cette personne tout au long du processus. J’ai l’impression de donner un peu de sa personnalité à chacun de mes objets. Ce coussin est maintenant dans le salon d’une de mes premières amies à Montréal »

Maëlle

« Un casse-tête fait de bois et de vis, fait du temps qui s’écoule et qui s’immobilise parfois pour des moments créatifs intenses…
Un objet qui me suit jour après jour, objet d’un quotidien casse-tête. Je n’ai pas encore trouvé la solution. Mais elle se rapproche! »

Yves

(Casse-tête, une création originale de Nicolas Leblanc)

«Quand ma grand-mère est arrivée au Canada, elle a suivi des cours de couture, pour pouvoir notamment réaliser des vêtements pour sa famille et, quelques années plus tard, pour moi. Avec le temps, elle est devenue professeure à son tour. Lorsque la future génération est arrivée, ma grand-mère nous en a fait chacun un également.

J’y ai un profond attachement étant des objets qui m’accompagnent depuis ma naissance et faits main, spécialement pour nous. J’y sens tout l’amour de ma grand-mère pour sa famille à travers le temps qu’elle a mis pour nous en faire chacun un, tous différents et personnalisés avec nos noms. Pas de confusion et d’échange possible!

Ma mère a repris cette tradition si on peut l’appeler ainsi, utilisant de son côté le point de croix. Après en avoir fait un pour mon père, elle en réalise maintenant un pour ma belle-sœur. Des heures et des heures de travail minutieux. J’admire sa patience. Une façon de lui démontrer qu’elle fait désormais partie intégrante de notre famille! Et une tradition qui se poursuivra, je l’espère, chaque fois que la famille s’agrandira. »

Géraldine