Description du projet

Jean-Marie Gauvreau, premier diplômé canadien de la célèbre École Boulle à Paris, se voit confier le soin d’organiser un cours d’ébénisterie à l’École technique de Montréal en 1930. Ce qu’il découvre au Québec le navre. Où sont passés les savoir-faire d’antan?

Sous l’impulsion de Gauvreau, l’École technique de Montréal devient l’École du meuble de Montréal en 1935. Cette institution joue un rôle essentiel dans l’émergence et la reconnaissance des métiers d’art du Québec. Puis, dans l’optique de préserver ce patrimoine, il fonde en 1940 le musée de l’École du meuble et entreprend de rassembler une collection didactique vouée aux métiers d’art, des objets issus de la tradition canadienne-française, mais aussi d’Europe et des États-Unis, du 17e siècle au début du 20e siècle. Il correspond fréquemment avec Marius Barbeau, fondateur de l’anthropologie canadienne et québécoise. Ce dernier lui vend souvent des pièces qu’il a lui-même amassées, dont des textiles de Charlevoix notamment.

Cette collection devient propriété du Ministère de l’éducation suite à l’arrivée des Cégeps. L’École du meuble (devenue l’Institut des Arts Appliqués en 1958) est maintenant sous l’autorité du Cégep du Vieux-Montréal et ses composantes sont divisées en autant d’écoles techniques : textile, céramique, ébénisterie, etc. Après un purgatoire de 1967 à 1985, où la collection a été utilisée en partie pour l’Expo 67, puis entreposée dans de mauvaises conditions au pavillon Hélène-de-Champlain ainsi qu’au pavillon du pont Jacques-Cartier, la collection est déposée au Musée des arts décoratifs (aujourd’hui le Musée du château Dufresne) pour un contrat de 10 ans, en 1985. Puis, en 1987, Luc D’Iberville Moreau s’entend avec Gérard Lavallée et la collection est transportée au Musée d’art de Saint-Laurent. Enfin, en 2005, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Science du Québec consent à donner la collection au Musée des maîtres et artisans du Québec.